L'agriculture évolue

Rencontres au Salon de l'Agriculture...

L’agriculture est en constante évolution. Les pratiques changent, les visages aussi. On retrouve de plus en plus de femmes à la tête des exploitations, ou parmi les ouvriers agricoles. Le métier ne nécessite pas seulement de la force, il faut aussi du courage, du bon sens, de la technique, de l’attention et de la passion.

Nous avons rencontré Pauline Mahé, étudiante, qui rêve d’avoir son propre élevage de vaches laitières en Bretagne, d’ici quelques années, le temps de se faire la main dans les exploitations des autres.
Nous nous sommes aussi entretenus avec Marie-Jo Beauchamp, éleveuse de moutons. Quand elle s’est installée, elle était seule, et déterminée.
Pour finir, nous voyagerons dans le temps avec 3 reportages d’archives qui nous montrent l'évolution de la femme à travers les métiers de l'agriculture.

Pauline Mahé Marie-Jo Beauchamp

Pauline Mahé

future éleveuse en vache laitière

Au détour d'un stand nous croisons Pauline, en compagnie de ses camarade de BTS production animale. Elle a 21 ans, elle est bretonne, fait ses études à Guingamp. Son projet : s'installer comme éleveuse d'ici quelques années. Tout sourire, elle évoque avec nous sa passion.

Pauline est à la fois rêveuse volontariste. Elle dit que c'est spécial et très gratifiant de produire quelque chose qui va nourrir les gens. Elle évoque aussi a une relation particulière avec les animaux, qui dépasse ce qu'elle ressent avec les hommes. Nous l'invitons à passer quelques instants avec nous.


SIA 2014 : Pauline Mahé, future éleveuse par France3ParisIDF

Tout va vite, au Salon de l'agriculture, on saute du coq à l'âne, du mouton à la vache, avec l'impression parfois de ne pas avoir assez de temps pour se poser, et discuter, avec tous ces jeunes et ces professionnels passionnés. Pourtant, ils ne demande que ça, de partager, de discuter ce qui qui est une passion avant de devenir un métier.

Et la vie de couple, dans tout ça, quand on devient agricultrice ?

"Ce n'est pas une donnée importante que mon compagnon me suive ou pas, rétorque-t-elle. moi j'ai envie de faire ce métier, s'il a envie de me suivre, c'est tant mieux, et s'il ne me suit pas, tant pis, il fera autre chose. On se verra moins souvent mais il y a des moyens, aujourd'hui, de s'organiser. C'est moins strict qu'avant, on peut faire des associations avec d'autres éleveurs, avec quelques week ends, des jours de vacances. C'est faisable d'avoir une vie de famille en dehors du travail."

Marie-Jo Beauchamp

éleveuse de moutons depuis 24 ans

Au salon de l'agriculture, un moment passé avec Marie-Jo Beauchamp, éleveuse en Bourgogne

Marie-Jo Beauchamp s'est installée comme éleveuse de moutons charolais et de bovins en 1990, en reprenant l'exploitation familiale. A l'époque elle était seule, n'avait pas encore fondé de famille. Aujourd'hui son fils et sa fille s'apprêtent à suivre la même voie.


SIA 2014 : Jo Beauchamp, éleveuse de moutons par France3ParisIDF

Décidément, en vivant au beau milieu du Salon de l'Agriculture, les éleveurs nous auront une fois encore prouvé à quel point ils sont passionnés par leur profession. Qu'ils soient tombés dans la marmite lorsqu'ils étaient petits, ou qu'ils aient eu une crise de vocation plus tard, ils se sont lancés à fond dans leur projet, bravant toutes les épreuves, et souvent, il y en eut.

Marie-Jo Beauchamp a relevé haut-la-main tous les défis, que ce soit lorsqu'elle s'est installée seule à la tête d'un élevage de moutons charolais, ou lorsque la filière s'est retrouvée en crise, il y a dix ans. Aujourd'hui, elle est fière de préparer une belle succession à ses enfants, même si, bien sûr, elle sait que le métier n'est pas facile. Son humilité frappe, aussi. Assises sur une botte de paille, nous avons évoqué cette vie simple et si peu ordinaire.

Portraits d'hier :

Autres temps, autres luttes, autres mutations



Les deux femmes que nous avons rencontrée au Salon de l’agriculture 2014 symbolisent ce que sont les agriculteurs d’aujourd’hui et de demain : des gens passionnés, mais aussi réalistes, car ils doivent ou devront faire avec de multiples contraintes sur lesquels ils n’ont pas de prise (marchés, réglementations, environnement, mais aussi comme avant les aléas climatiques).

La nouveauté aussi, c’est que la femme est l’égale de l’homme, comme dans bien des professions.
Avec les reportages d’archives qui suivent (que nous vous proposons avec l'aimable accord de l'INA), on voit la lente évolution vers cet état de fait : la femme est passée de force de travail complémentaire à gestionnaire, puis professionnelle complète elle-même.


A marche forcée

En 1980 le monde paysan marche sur Paris. Leurs revenus sont en baisse depuis plusieurs années, les charges augmentent. Pour les couples qui travaillent à deux sur une exploitation, les temps sont durs. Cette femme originaire de l’Orne en témoigne.



Mœurs et modernisation

En 1986, les femmes agricultrices sont encore rares, mais la modernité ne passe pas que par les machines, elle passe aussi par un autre regard sur le métier. Christiance Corruble, installée à Patteville-en-Caux, en est un des nombreux symboles.



Et l’ordinateur fut

Beaucoup de choses ont changé dans les pratiques agricoles. Il a fallu se mettre à la comptabilité, connaître les normes, les obligations, les prévisions météos pointues, et se faire à l’informatique. La transition n’a pas été simple comme en témoignent ces deux portraits croisés réalisés en 1990 dans l’Orne. Mme Desjouis s’y est mise. Pour Michèle Heuteaux, en revanche, c’est moins évident….

Et demain ?

S’adapter, ne pas lâcher sur la qualité, et se faire considérer

L’homme s’est nourri de la terre parce que c’était son unique métier et moyen de subsistance. Il a produit en masse quand est venue l’heure de nourrir des villes entières. Il a englouti la terre a coups de kilomètres quand il s’est agit de produire à bas prix. Il a rendu des animaux malades à force de préventions médicamenteuses et de croisements. Aujourd’hui, en France, L’homme semble commencer désormais à miser sur la confiance et la proximité.

Voilà de quoi donner du baume au cœur à tous ces agriculteurs et étudiants passionnés. Et il en faut, des encouragements, quand on considère les challenges à venir : résister à des marchés qui font voguer les prix comme en pleine tempête, se qualifier, encore et toujours, pour utiliser aux mieux réglementations, matériels et nouvelles technologies. Produire mieux, ou de façon constante, sans abîmer la terre. Convaincre les consommateurs que la qualité et le travail ont un prix, permettre à la planète entière de se nourrir…

En tous cas, il faut avoir confiance dans ces hommes et ces femmes qui élèvent, et cultivent la terre, nous dit le philosophe et historien des sciences Michel Serres :
“L’homme de la terre est un innovateur remarquable, sans aucun doute le plus perméable à la nécessité d’adaptation et le plus efficace dans le mise en oeuvre des stratégies novatrices. »